"Je suis un animal sans pareil, je suis ni homme ni femme" Olympe de Gouges
Le récit s’ouvre sur l’imaginaire du marais, lieu d’entre-deux où l’eau dormante enlace les îlots de terre. La consoude, plante locale, soigne et apaise. Ici vit Mélusine: femme-serpente capable de se régénérer dans l’eau. Entre créature féérique et monstre, puissance et mystère, le grain de sa peau s’hybride. Son corps reflète une identité multiple, mouvante et libre. Enchanteresse et symbole de métamorphose, elle efface les frontières, redéfinit l’altérité et questionne la norme. Dans l’intemporalité, les photographies de la muse sont pressées avec force sur le papier, permettant ainsi un dialogue entre photographie contemporaine et mythe. Comme un décor vivant, des éléments du marais apparaissent dans des photographies développées à la consoude. Entre mythe et matière, une ode à l’icône médiévale prend forme et résonne en chacun·e.
Mélusine est le premier chapitre d’une recherche au long cours sur l’hybridation et les mythes féminins.
Ce projet s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement, utilisant la photogravure non-toxique et le développement argentique à base de plantes. L’utilisation de ces procédés renforce l’expression de la métamorphose et approfondit le lien entre image et nature.
Série réalisée à la Villa Perochon -CAPC, lors des Résidences de la Jeune Photographie Internationale, avril 2025.